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Plaintes d’impatiences recueillies lors de 239 876 examens de santé : prévalence, facteurs associés et caractéristiques cliniques

dimanche 9 novembre 2025, par Didier Cugy

Objectif : Depuis 2004, le Centre d’Examen de Santé de Bordeaux recueille, dans le cadre d’une convention avec le réseau girondin de prise en charge des pathologies du vigilance, des données en lien avec le sommeil (échelle d’Epworth, plaintes d’impatiences) lors des bilans de santé. L’objectif est d’analyser les données relatives aux impatiences sur la période 2004–2022, correspondant à 239 876 examens.
Méthodes : Les impatiences ont été identifiées à partir d’une plainte spontanément exprimée lors de l’examen. La population a été segmentée selon le sexe et l’âge. Des associations ont été explorées avec les données de sommeil (plainte de mauvais sommeil, score d’Epworth), biologiques (hémoglobine) et cliniques (douleurs cervicales). Les plaintes étaient codées en binaire (présent/absent). Une régression logistique multivariée a été réalisée incluant sexe, âge, mauvais sommeil, hémoglobine, douleurs cervicales et score d’Epworth catégorisé (<7, 7–13, ≥14).
Résultats : Parmi les 239 876 examens, 581 personnes ont exprimé une plainte d’impatiences (prévalence 0,24 %). La répartition par sexe montre 396 femmes (68,2 %) et 185 hommes (31,8 %), soit un ratio de 2,1 : 1. Soixante-dix pour cent des cas concernaient les 35–65 ans. Dans l’analyse multivariée, les facteurs associés indépendamment aux plaintes sont : sexe féminin (OR 3,0 ; IC95 % 2,3–3,9), âge (OR 2,0 ; 1,8–2,2 par écart-type), mauvais sommeil (OR 1,6 ; 1,3–2,0), hémoglobine (OR 1,2 ; 1,0–1,4) et douleurs cervicales (OR 2,1 ; 1,1–4,3). Le score d’Epworth est également lié : comparé à <7, les catégories 7–13 et ≥14 augmentent le risque (OR 1,2 et 1,9).
Conclusion : La prévalence observée (0,24 %) est nettement inférieure aux données de la littérature (2–10 %), probablement en raison de l’absence de questionnaire standardisé et d’une sous-déclaration des symptômes. La prédominance féminine, l’effet de l’âge et les associations avec le sommeil, l’hémoglobine et les douleurs cervicales sont confirmés. L’augmentation du risque avec le score d’Epworth suggère des liens cliniques pertinents. Ces résultats soulignent l’intérêt d’un dépistage systématique et standardisé, notamment lors des consultations sommeil, afin d’identifier plus précocement les patients concernés et leurs comorbidités.